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Le billet d'humeur de René Dubois

Le châpeau de Churchill



« Tu ne sauras jamais ce que j'ai vécu hier?
˗ Non! Mais, tu vas me le dire.
˗ Par trois fois, j'ai dû raconter la même histoire…
˗ Vu qui s'est passé aux Etats-Unis, tu as du encore raconter ce qui est arrivé à
Guillaume, ta tutelle?
˗ Non, justement! J'en parlerai plus tard, quand le temps aura apporté de la réflexion
à tous ces médias qui pleurent et font pleurer les chaumières davantage chaque heure,
alors que dans moins d'une semaine ils auront oublié!
˗ Et nous feront oublier!
˗ Justement, un peu de rose dans notre ciel de grisaille, ça ne fait pas de mal…
˗ Surtout quand on voit ce qu'il a plu hier soir…
˗ Et ça n'a pas plu à tout le monde!
˗ Tu n'es pas drôle… Pense à tous ces gens inondés, qui n'ont plus rien ce matin…
˗ Même pas la télévision pour entendre la même chose sur toutes les chaînes!
˗ Et surtout pas des malheurs qui nous touchent…
˗ Non! Je vais donc te dire ce qui m'est arrivé hier, à Longeville, à Nesmy, et à
Moutiers…
˗ Trois réunions dans la journée, ce n'est pas exceptionnel pour toi… Je me demande
bien quand tu prends le temps d'écrire?
˗ Quand j'en ai envie ou quand c'est nécessaire pour accompagner mes idées par ma
plume… Donc, en fin de matinée j'étais à Longeville. L'adjointe au maire m'avait invité
avec quelques anciens Longevillais, très connaisseurs de leur village…
˗ Mais, toi tu n'es rien dans ce pays?
˗ Non! Tu as raison… J'étais invité pour orchestrer l'écriture d'un projet son et
lumière…
˗ Mais, tu n'en a jamais fait à ma connaissance?
˗ Si, mais jamais en mon nom, et ce qui a été retenu à l'issue de la réunion, c'est de
vivre ensemble avec tous les citoyens et toutes les forces vives de Longeville la
création d'un son et lumière pour l'été 2014…, créé par les citoyens, joués par les
citoyens, pour les citoyens…
˗ Un bon exercice de cohésion sociale, intergénérationnelle… Et les vieux dans tout ça?
Et les jeunes dans tout ça?
˗ C'est que pour nous, les vieux, de l'Ehpad ou d'ailleurs, et les jeunes des écoles,
du Centre de Loisirs ou d'ailleurs seront pleinement associés… Et c'est là que j'ai
raconté pour la première fois l'histoire de Maurice, un pépé de 91 ans de l'Ehpad de
Longeville…
˗ C'est toujours pareil avec toi, tu me parles des Hommes, jeunes ou vieux, comme des
citoyens à part entière…
˗ Tu préfèrerais que je te parle de ceux qui pleurent dès qu'on touche à leur pouvoir
de parler au nom de ceux qui pleurent parce qu'ils nous représentent?
˗ Non! Je préfère que tu me parles directement de ceux qui pleurent ou de ceux qui
rient!
˗ En début d'après-midi je suis allé rencontrer les propriétaires du château de Nesmy…
˗ Ah bon! Parce qu'il y a un château à Nesmy?
˗ Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi…
˗ Comment ça?
˗ Si tu prends le dépliant touristique de la commune, il n'y a aucune référence au
château… Pourtant, les propriétaires que j'ai rencontrés ouvrent leurs portes au grand
public à l'occasion des" rendez-vous au jardin" et du "neurodon"… Ils m'ont même assuré
qu'ils l'ouvriraient pour le Centre de Loisirs des vacances de Noël et pour les écoles,
pour que je puisse raconter l'histoire du trésor de Nesmy lors d'une balade contée dans
le très joli parc du domaine…
˗ J'avais bien entendu parler des souterrains, de la poterie…
˗ Tu en sais déjà beaucoup plus que nombre de Nesmysiens… C'est normal, on n'évite de
parler de l'histoire… On préfère parler du futur…
˗ Comme ça, on ne parle pas du présent!
˗ Et c'est là que je leur ai raconté l'histoire de Maurice, l'ange-gardien de Vincent
Auriol, de Coty, de De Gaulle…
˗ Je ne vois pas le rapport avec le château de Nesmy…
˗ Tu ne comprends rien. L'histoire de Maurice, c'est comme l'histoire du trésor… On ne
construit pas l'avenir sans une part de passé, et tous nos contes, toutes nos légendes
qui nous ont fait et nous font encore tant rêver, se sont construits sur des faits
authentiques, vérifiés… Et plus ils touchent le peuple, plus ils touchent le cœur du
citoyen…
˗ C'est toujours pareil avec toi, tu me parles des Hommes, riches ou pauvres, comme des
citoyens à part entière…
˗ Tu préfèrerais que je te parle de ceux qui pleurent dès qu'on touche à leur pouvoir
de parler au nom de ceux qui pleurent parce qu'ils nous représentent?
˗ Non! Je préfère que tu me parles directement de ceux qui pleurent ou de ceux qui
rient! Et la troisième réunion de Moutiers?
˗ C'était la réunion de fin d'année de "Vivre aux Moutiers"
˗ Tu es partout, toi?
˗ Non, je vais partout où je suis invité et où je rencontre des personnes avec qui je
peux discuter et philosopher…
˗ Refaire le monde, quoi?
˗ Si tu veux… Il y a ceux qui croient faire et refaire le monde à ta place, et ceux qui
pensent comme moi, que le monde ne se fera pas ou ne se refera pas sans toi…
˗ Au cours de cette soirée, très conviviale, chacun pérorait de tout et de rien,
jusqu'à ce que le président prenne la parole, pour nous faire un long discours…
˗ Un dislong, comme tu dis parfois, un discours qui se veut court mais qui prend du
temps au fur à mesure que les mots s'enchaînent aux mots…
˗ Comme dans la politique, où à la fin, on a complètement oublié ce qu'on avait voulu
dire au début….
˗ Et en politique tu t'y connais?
˗ Oui, mais, là encore si on écoutait un peu plus les citoyens, quels qu'ils soient… Et
c'est là, qu'une troisième fois dans la journée, je me suis fait auprès d'un couple
d'anglais, le témoin de l'histoire de Maurice…
˗ C'est toujours pareil avec toi, tu me parles des Hommes, noirs ou blancs, français ou
étrangers, comme des citoyens à part entière…
˗ Tu préfèrerais que je te parle de ceux qui pleurent dès qu'on touche à leur pouvoir
de parler au nom de ceux qui pleurent parce qu'ils nous représentent?
˗ Non! Je préfère que tu me parles directement de ceux qui pleurent ou de ceux qui
rient! Maintenant, raconte-moi l'histoire de Maurice…
˗ Avant d'être garde-républicain au service de la sécurité du Président, Maurice était
pilote d'une vedette… Ecoute son histoire, aussi extraordinaire que banale… «Je devais
être marqué par le destin pour connaître des personnages importants, illustres voire
influents !
Ainsi, en 1945, juste après la reddition allemande le 7 mai au collège "Jolicoeur", le
collège "rouge", je mettais pied à terre après trois ans d’engagement dans la Marine…
"Sac à terre", à Saint-Jean-de-Luz ! A peine débarqué une surprise de taille… Winston
Churchill, Premier Ministre de Grande-Bretagne !
Il demande à notre "pacha", notre commandant d’unité, de lui faire faire un tour sur la
Nive née au pied de la Rhune, en passant par le port thonier avant de se jeter dans
l’océan…
Etant le patron mécanicien d’une vedette, je suis chargé de véhiculer Monsieur le
Premier Ministre… Un homme très courtois et très jovial à la fois.
Nous voilà donc partis, sous un très beau soleil, à remonter le petit fleuve côtier…
Mais la météo a ses caprices ! Un malencontreux coup de vent et voilà le chapeau de
paille de notre Ministre qui s’envole… Pas de quoi perturber notre hôte qui nous demande
de poursuivre …, notre route, pas le chapeau !
La promenade avait dû lui plaire car le lendemain nous recevons de lui quelques
cigarettes françaises… A la réflexion, un cigare de Winston nous aurait fait peut-être
encore plus plaisir ! Pas le moindre mot sur le chapeau… Et pourtant !
La veille, au soir de la promenade j’avais été de garde à la vigie, juste à l’entrée du
port, face à la maison de Maurice Ravel… Je regarde les eaux, la marée descendante… Et
que vois-je ? Je vous le donne à deviner… Le fameux chapeau qui lentement flottait
lentement sur l’eau. Vite je prenais un "youyou", et à la godille récupérais le fameux
couvre-chef…
Jusqu’à ma démobilisation celui-ci ne me quitta pas. J’en fis cadeau alors à mon père,
heureux de bêcher son jardin protégé des ardeurs du soleil par un peu de celui qui avait
vaincu les démons de l’infamie…
Je ne sais pas qui ou quoi ses voisins enviaient… Le chapeau, le jardin, mon père ou
son fils qui avait eu la chance de croiser sur sa route l’un des plus grands Hommes de
notre XXème siècle !
Alors je me suis souvenu, et je me suis dit que Sare, le petit village basque devait
bien mériter le détour lui qui au pied de la Rhune, la montagne mythique de la région, le
domaine des vautours et des pottoks, ces petits chevaux sauvages, avait permis à Winston
Churchill de respirer l'air frais de la nature et de l'Océan…
Alors je me suis souvenu, et je me suis dit qu’Ascain, un village au pied de la
montagne basque, à l'architecture typiquement labourdine et basque, traversé par la
Nivelle et dominé par ces trois sommets qui forme la Rhune, Bizkarzun, Esnaur et Larrun,
avait inspiré Winston Churchill qui y a peint une superbe aquarelle…

Alors je me suis souvenu, et je me suis dit qu’à la fin de la 2e Guerre Mondiale,
Winston Churchill demeura à la maison Dorrea qui depuis a été détruite…»
Cette histoire t'a plu? Cet homme aura rencontré de près Winston Churchill, Vincent
Auriol, René Coty, Charles de Gaulle, Georges Pompidou… Et il m'aura fallu à l'Ehpad de
la Berthomière pour le rencontrer!
˗ " Je suis toujours prêt à apprendre, bien que je n'aime pas toujours qu'on me donne
des leçons." Winston CHURCHILL
˗ " On ne peut pas fonder la prospérité des uns sur la misère des autres." Vincent
AURIOL
˗ " Un régime ne sait se défendre que s’il sait se réformer." René COTY
˗ " La fin de l’espoir est le commencement de la mort." Charles DE GAULLE
˗ " L'emprise de l'homme sur la nature est devenue telle qu'elle comporte le risque de
destruction de la nature elle-même." Georges POMPIDOU
˗ Qu'en termes bien choisis ces chose-là sont dites…»

> René DUBOIS 15 décembre 2012

Samedi 15 Décembre 2012 - 09:59
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