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C'était son étape, et il l'a eu. Avant le départ déjà, le ponton course de la Transgascogne bruissait de rumeurs qui donnaient David Raison (Team Work Evolution) grand favori. Les conditions météo étaient favorables à son « Magnum » et David a parfaitement su les exploiter. Il l'emporte à Ribadeo avec 2h d'avance sur Sébastien Rogues (Eole Génération - GDF Suez) et Nicolas Boidevezi (Défi GDE).
En bateaux de série, Aymeric Belloir (Tout le monde chante contre le cancer) est toujours en tête devant Pierre Brasseur (Voiles Océan). En double, « Vestia Promotions » (Dolet/Cardrin) confirme un solide leadership, tandis qu'en bateaux de série c'est le duo Culnard/Derely (Mingalaba) qui a pris l'avantage.
Les Mini ont toujours été des laboratoires de R&D pour la course au large. Depuis quelques années pourtant, les évolutions technologiques étaient peu visibles, touchant plus les matières premières, les appendices et les plans de pont que les carènes... En 2009, le Magnum de David Raison fait donc sensation. Il avait osé concevoir, dessiner et construire un bateau révolutionnaire. Depuis, le Magnum étonne, intéresse et ouvre de nouvelles portes de réflexions architecturales.
Une performance unanimement saluée
Pendant trois ans pourtant, David essuie de nombreux revers. La casse est souvent au rendez-vous : son bateau est très puissant mais manque de polyvalence. Pendant trois saisons, courageusement, méthodiquement il fiabilise et peaufine son concept.
Aujourd'hui, à Ribadeo, sur la Transgascogne, il concrétise ce que tout le petit monde de la course au large savait déjà : au reaching (vent de travers) dans du médium, le Magnum est le plus rapide de tous les prototypes. Cette concrétisation est cependant fondamentale pour David Raison. C'est là le premier pas nécessaire pour qu'il puisse élargir encore, si possible, le potentiel de son étonnant Mini.
En tous cas, quelque soit le devenir des rondes carènes, cette victoire de David Raison a fait l'unanimité à Ribadeo, l'ensemble des coureurs a tenu à saluer sa performance.
Beau second, Sébastien Rogues (Eole Génération - GDF Suez) auteur d'un très bon départ, en tête, n'a rien pu faire contre les vitesses moyennes du Magnum, régulièrement supérieures aux siennes. En bon régatier, il ne s'est pas démonté, a donné le meilleur pour limiter l'écart avec le premier. Un vainqueur dont il fut le premier à saluer la performance.
Même raisonnement pour le 3e de l'étape, Nicolas Boidevezi (Défi GDE) : il n'a pas lâché la barre pendant 36h. A la peine en début de course en raison d'un violent mal de tête, il a ensuite tout donné pour revenir sur les leaders, avec succès, bravo à lui.
Belle performance également d'Aymeric Chappellier (La Tortue de l'Aquarium - La Rochelle), 4e : longtemps dans le trio de tête, ce nouveau venu sur le circuit n'a sûrement pas fini de faire parler de lui.
Thomas Normand (Financière de l'Echiquier), victime d'une avarie dès le début de course (Solent déchiré), signe une 5e place en deçà de son potentiel et de ses objectifs... ce n'est que partie remise.
Bref, sous ses allures de run de vitesse, elle n'était pas si évidente et facile que ça cette première étape de la Transgascogne. Sans oublier les abandons sur avarie de plusieurs favoris, en tout début de parcours...
En bateaux de série, les deux premiers se livrent un beau duel, à 3 - 4 milles de distance. Aymeric Belloir (Tout le monde chante contre le cancer) mène toujours devant Pierre Brasseur (Voiles Océan). A 15h ce mardi, ils pointent tous deux à une trentaine de milles de l'arrivée. Epilogue prévu vers 18-19h. La troisième place devrait se jouer entre Jonas Gerckens (Liège Expo 2017) et Renaud Mary (Run'O).
En double, en proto, rien ne bouge : Maxime Dolet et Thomas Cardrin (Vestia Promotions) persistent et signent en tête de leur catégorie. Ils sont eux aussi attendus dans le petit port de Galice en fin d'après-midi, en même temps que les premiers bateaux de série.
En double série, le duo Culnard/Derely (Mingalaba) a pris les commandes : les impératifs de la course ont pris le pas sur les règles de bienséance qui auraient voulues que les dames passent devant...
A Ribadeo, tout le monde sur le pont pour accueillir les concurrents. Le soleil a même fait une apparition... Le vent est lui aussi de la fête. La brise est en effet suffisamment soutenue au large de la Galice pour que les arrivées puissent s'enchaîner toute la journée. Une bonne moitié de la flotte devrait être à quai avant la nuit, ce mardi.
Les premiers mots des premiers
David Raison (Team Work Evolution) : « pas une grosse surprise... mais une très belle satisfaction ! »
« Ce n'était pas uniquement une course de vitesse. Il y a eu de la stratégie sur la remontée vers Belle île, avec quelques coups à ne pas rater. Ensuite, une fois passé Belle île c'était de la vitesse. Les conditions étaient propices, mon bateau a pu exprimer son potentiel. Il commence aussi à être bien fiabilisé maintenant et puis j'ai navigué en conservateur. Il n'aime pas être trop toilé. J'ai même eu jusqu'à deux ris dans la grand voile sur la descente du Golfe.
Je ne sais pas si cette victoire va changer les choses, on sait que mon bateau a un fort potentiel à cette allure là et dans ce « range » de vent, ce n'est pas une grosse surprise... mais c'est une très belle satisfaction pour moi !Je travaille à ce projet « Magnum » depuis 3 ans, j'attendais de concrétiser cela par une victoire d'étape, au moins. Voilà, c'est fait !... Et je suis d'autant plus heureux que ce soit ici, sur la Transgascogne car je suis très attaché à cette course. Ce fut ma toute première épreuve sur le circuit Mini en 1993, et également ma première course avec le Magnum en 2009.
Sébastien Rogues (Eole Génération - GDF Suez) : « très content pour David et... pour moi aussi ! » « Il n'y avait rien à faire contre David... Donc on a essayé de limiter la casse ! J'ai deux heures à rattraper sur la deuxième étape, ce ne sera pas facile mais c'est jouable ! Je suis en tous cas très très content pour lui. Il porte un beau projet et il mérite cette victoire ! Mais je suis très content pour moi aussi ! J'ai pris un bon départ, j'ai bien navigué, je suis passé en tête à Belle île même si j'étais déjà talonné par David. J'étais serein et confiant et tout s'est bien passé. Dans la descente au reaching il fallait être à fond tout le temps, de toute façon avec Nico (Nicolas Boidevezi, ndlr) juste à côté de moi, je n'avais pas le choix. J'ai beaucoup navigué sous pilote : les surfs à 15 - 16 nœuds dans la nuit noire, c'est impressionnant, mieux vaut laisser la barre au pilote, il est plus efficace. J'en ai profité pour me reposer sachant que l'arrivée allait être difficile, ce qui fut le cas avec un vent qui faiblissait... »
Nicolas Boidevezi (Défi GDE) : « j'étais malade au départ, j'ai tout donné ensuite »
« Je suis parti malade, avec un mal de tête carabiné qui ne m'a pas lâché jusqu'à Belle île. Du coup j'ai dormi sur la remontée, j'ai opté pour une route médiane et prudente, loin des cailloux. Arrivé là haut, à Belle île, ça allait mieux, je n'avais pas d'autre choix que d'attaquer : j'ai pris la barre et je ne l'ai plus lâchée ! David a très bien navigué. Je suis vraiment content d'avoir réussi à rester dans le match malgré mon état... mais il a fallu repousser ses limites et se faire mal. Là, je crois que je vais dormir 24 h d'affilée ! »
Les premières arrivées
1 - 747 Teamwork Evolution David Raison Arrivé le 26/07/2011 à 07:01:40 en 1j 20h 59min 40s
2 - 716 Eole Génération-GDF Suez Sébastien Rogues Arrivé le 26/07/2011 à 09:03:51 en 1j 23h 01min 51s
3 - 719 Défi GDE Nicolas Boidevezi Arrivé le 26/07/2011 à 09:12:44 en 1j 23h 10min 44s
4 - 788 La tortue de l'Aquarium la Rochelle Aymeric Chappellier Arrivé le 26/07/2011 à 09:46:10 en 1j 23h 44min 10s
5 - 787 Financière de l'Échiquier Thomas Normand Arrivé le 26/07/2011 à 10:10:34 en 2j 00h 08min 34s
6 - 509 Brunel Luca Schroder Arrivé le 26/07/2011 à 11:04:01 en 2j 01h 02min 01
Les Mini ont toujours été des laboratoires de R&D pour la course au large. Depuis quelques années pourtant, les évolutions technologiques étaient peu visibles, touchant plus les matières premières, les appendices et les plans de pont que les carènes... En 2009, le Magnum de David Raison fait donc sensation. Il avait osé concevoir, dessiner et construire un bateau révolutionnaire. Depuis, le Magnum étonne, intéresse et ouvre de nouvelles portes de réflexions architecturales.
Une performance unanimement saluée
Pendant trois ans pourtant, David essuie de nombreux revers. La casse est souvent au rendez-vous : son bateau est très puissant mais manque de polyvalence. Pendant trois saisons, courageusement, méthodiquement il fiabilise et peaufine son concept.
Aujourd'hui, à Ribadeo, sur la Transgascogne, il concrétise ce que tout le petit monde de la course au large savait déjà : au reaching (vent de travers) dans du médium, le Magnum est le plus rapide de tous les prototypes. Cette concrétisation est cependant fondamentale pour David Raison. C'est là le premier pas nécessaire pour qu'il puisse élargir encore, si possible, le potentiel de son étonnant Mini.
En tous cas, quelque soit le devenir des rondes carènes, cette victoire de David Raison a fait l'unanimité à Ribadeo, l'ensemble des coureurs a tenu à saluer sa performance.
Beau second, Sébastien Rogues (Eole Génération - GDF Suez) auteur d'un très bon départ, en tête, n'a rien pu faire contre les vitesses moyennes du Magnum, régulièrement supérieures aux siennes. En bon régatier, il ne s'est pas démonté, a donné le meilleur pour limiter l'écart avec le premier. Un vainqueur dont il fut le premier à saluer la performance.
Même raisonnement pour le 3e de l'étape, Nicolas Boidevezi (Défi GDE) : il n'a pas lâché la barre pendant 36h. A la peine en début de course en raison d'un violent mal de tête, il a ensuite tout donné pour revenir sur les leaders, avec succès, bravo à lui.
Belle performance également d'Aymeric Chappellier (La Tortue de l'Aquarium - La Rochelle), 4e : longtemps dans le trio de tête, ce nouveau venu sur le circuit n'a sûrement pas fini de faire parler de lui.
Thomas Normand (Financière de l'Echiquier), victime d'une avarie dès le début de course (Solent déchiré), signe une 5e place en deçà de son potentiel et de ses objectifs... ce n'est que partie remise.
Bref, sous ses allures de run de vitesse, elle n'était pas si évidente et facile que ça cette première étape de la Transgascogne. Sans oublier les abandons sur avarie de plusieurs favoris, en tout début de parcours...
En bateaux de série, les deux premiers se livrent un beau duel, à 3 - 4 milles de distance. Aymeric Belloir (Tout le monde chante contre le cancer) mène toujours devant Pierre Brasseur (Voiles Océan). A 15h ce mardi, ils pointent tous deux à une trentaine de milles de l'arrivée. Epilogue prévu vers 18-19h. La troisième place devrait se jouer entre Jonas Gerckens (Liège Expo 2017) et Renaud Mary (Run'O).
En double, en proto, rien ne bouge : Maxime Dolet et Thomas Cardrin (Vestia Promotions) persistent et signent en tête de leur catégorie. Ils sont eux aussi attendus dans le petit port de Galice en fin d'après-midi, en même temps que les premiers bateaux de série.
En double série, le duo Culnard/Derely (Mingalaba) a pris les commandes : les impératifs de la course ont pris le pas sur les règles de bienséance qui auraient voulues que les dames passent devant...
A Ribadeo, tout le monde sur le pont pour accueillir les concurrents. Le soleil a même fait une apparition... Le vent est lui aussi de la fête. La brise est en effet suffisamment soutenue au large de la Galice pour que les arrivées puissent s'enchaîner toute la journée. Une bonne moitié de la flotte devrait être à quai avant la nuit, ce mardi.
Les premiers mots des premiers
David Raison (Team Work Evolution) : « pas une grosse surprise... mais une très belle satisfaction ! »
« Ce n'était pas uniquement une course de vitesse. Il y a eu de la stratégie sur la remontée vers Belle île, avec quelques coups à ne pas rater. Ensuite, une fois passé Belle île c'était de la vitesse. Les conditions étaient propices, mon bateau a pu exprimer son potentiel. Il commence aussi à être bien fiabilisé maintenant et puis j'ai navigué en conservateur. Il n'aime pas être trop toilé. J'ai même eu jusqu'à deux ris dans la grand voile sur la descente du Golfe.
Je ne sais pas si cette victoire va changer les choses, on sait que mon bateau a un fort potentiel à cette allure là et dans ce « range » de vent, ce n'est pas une grosse surprise... mais c'est une très belle satisfaction pour moi !Je travaille à ce projet « Magnum » depuis 3 ans, j'attendais de concrétiser cela par une victoire d'étape, au moins. Voilà, c'est fait !... Et je suis d'autant plus heureux que ce soit ici, sur la Transgascogne car je suis très attaché à cette course. Ce fut ma toute première épreuve sur le circuit Mini en 1993, et également ma première course avec le Magnum en 2009.
Sébastien Rogues (Eole Génération - GDF Suez) : « très content pour David et... pour moi aussi ! » « Il n'y avait rien à faire contre David... Donc on a essayé de limiter la casse ! J'ai deux heures à rattraper sur la deuxième étape, ce ne sera pas facile mais c'est jouable ! Je suis en tous cas très très content pour lui. Il porte un beau projet et il mérite cette victoire ! Mais je suis très content pour moi aussi ! J'ai pris un bon départ, j'ai bien navigué, je suis passé en tête à Belle île même si j'étais déjà talonné par David. J'étais serein et confiant et tout s'est bien passé. Dans la descente au reaching il fallait être à fond tout le temps, de toute façon avec Nico (Nicolas Boidevezi, ndlr) juste à côté de moi, je n'avais pas le choix. J'ai beaucoup navigué sous pilote : les surfs à 15 - 16 nœuds dans la nuit noire, c'est impressionnant, mieux vaut laisser la barre au pilote, il est plus efficace. J'en ai profité pour me reposer sachant que l'arrivée allait être difficile, ce qui fut le cas avec un vent qui faiblissait... »
Nicolas Boidevezi (Défi GDE) : « j'étais malade au départ, j'ai tout donné ensuite »
« Je suis parti malade, avec un mal de tête carabiné qui ne m'a pas lâché jusqu'à Belle île. Du coup j'ai dormi sur la remontée, j'ai opté pour une route médiane et prudente, loin des cailloux. Arrivé là haut, à Belle île, ça allait mieux, je n'avais pas d'autre choix que d'attaquer : j'ai pris la barre et je ne l'ai plus lâchée ! David a très bien navigué. Je suis vraiment content d'avoir réussi à rester dans le match malgré mon état... mais il a fallu repousser ses limites et se faire mal. Là, je crois que je vais dormir 24 h d'affilée ! »
Les premières arrivées
1 - 747 Teamwork Evolution David Raison Arrivé le 26/07/2011 à 07:01:40 en 1j 20h 59min 40s
2 - 716 Eole Génération-GDF Suez Sébastien Rogues Arrivé le 26/07/2011 à 09:03:51 en 1j 23h 01min 51s
3 - 719 Défi GDE Nicolas Boidevezi Arrivé le 26/07/2011 à 09:12:44 en 1j 23h 10min 44s
4 - 788 La tortue de l'Aquarium la Rochelle Aymeric Chappellier Arrivé le 26/07/2011 à 09:46:10 en 1j 23h 44min 10s
5 - 787 Financière de l'Échiquier Thomas Normand Arrivé le 26/07/2011 à 10:10:34 en 2j 00h 08min 34s
6 - 509 Brunel Luca Schroder Arrivé le 26/07/2011 à 11:04:01 en 2j 01h 02min 01
Groupe Picoty remporte la deuxième étape et Aquarelle.com loupe le coche pour moins d’une minute. Pour moins d’une minute Yannick Bestaven et Christophe Bouvet n’inscriront pas
leur nom en haut du palmarès de cette édition 2011. Stéphane Le Diraison et Vincent Barnaud ont donc eu raison d’être déraisonnables. Engagés dans une bagarre au couteau pour la première place, Groupe Picoty et Bureau Veritas ont placé très haut le curseur des limites de performance de leur Class40. Et c’est sûrement ces deux cents derniers milles, menés sur un train d’enfer, qui ont finalement décidé de la victoire finale de Stéphane Le Diraison et Vincent Barnaud sur Yannick Bestaven et Christophe Bouvet à bord d’Aquarelle.com. Difficile de savoir qui était le plus content des deux équipages ayant franchi la ligne d’arrivée, devant la Nouch Sud, ce midi aux Sables d’Olonne. A bord de Groupe Picoty, Jacques Fournier et Jean-Edouard Criquioche se félicitaient de leur première victoire dans une course majeure de la Class40. Dans leur sillage, Stéphane Le Diraison et Vincent Barnaud étaient ravis de cette leçon de conduite d’un Class40 en accéléré. Et découvraient par la même occasion que la victoire finale n’était pas une hypothèse farfelue. Car, entre les deux prétendants à la victoire dans cette deuxième étape, tout s’est joué à coups de surenchères. C’est en constatant que Groupe Picoty leur prenait chaque jour quelques milles que Stéphane Le Diraison et
Vincent Barnaud ont décidé de pousser les limites de leur Bureau Veritas dans les deux cents derniers milles de l’étape. Résultat de l’opération : une inversion du rapport de force et la jouissance pour les petits nouveaux de la classe de voir qu’ils revenaient progressivement sur les habitués des premiers rangs. Les derniers milles tenaient alors de la meilleure des dramaturgies. Voyant poindre le feu de route de Veritas dans leur tableau arrière, les deux leaders commençaient à torcher de la toile. Mais les deux anciens Ministes répondaient coup pour coup et les deux équipages finissaient leur parcours le long de la côte vendéenne, lancés parfois à plus de vingt noeuds, sous grand spi et grand-voile haute. Au final, Groupe
Picoty s’impose de moins de quinze minutes.
La main passe
On aurait pu croire que Yannick Bestaven et Christophe Bouvet avaient, en quelque sorte, tué la course en l’emportant avec près de cinq heures d’avance sur leurs poursuivants immédiats. C’était sans compter que la mer est un tapis de jeu sans pareil, dès lors qu’il s’agit de redistribuer les cartes. Engagés sur une route légèrement plus sud, légèrement moins favorable, en angle d’attaque par rapport au vent, que leurs adversaires directs, Aquarelle.com faisait de la résistance. Les deux leaders du classement général pouvaient se croire à l’abri jusqu’à cette chute au cours de laquelle Christophe Bouvet se bloquait le dos. Condamné à naviguer plus ou moins en monde solitaire, Yannick Bestaven ne pouvait, dès lors, pousser son bateau à ses limites. Dans la nuit de lundi à mardi, c’est un filet de pêche dérivant qui se prenait dans l’arbre d’hélice faisant perdre encore de précieuses minutes. Alors que Bureau Veritas passait la ligne d’arrivée, Aquarelle.com pointait encore à 55 milles des Sables d’Olonne. Rien n’était joué, mais il fallait tenir une moyenne de douze noeuds pour espérer. Pari presque tenu, pour le final que l’on connaît maintenant. Fair-play, Yannick Bestaven ne cherchait pas d’excuse, acceptant la victoire de leurs adversaires, au delà de la déception légitime que les deux marins pouvaient ressentir. D’autres n’ont pas eu ces états d’âme : à bord de Mare.de2 , Jorg Riechers et Etienne David ont enchaîné des moyennes totalement incongrues, remontant ainsi à la quatrième place de l’étape un peu d’une heure plus tard. Malgré leur mauvais choix stratégique de départ, les deux navigateurs ont ainsi démontré qu’ils avaient
les moyens de prétendre à la victoire. Derrière le quatuor de tête, c’est aussi la foire d’empoigne. Cinquième, Techneau restait sous la menace de Velevent, crédité cet après-midi de la meilleure moyenne de toute la flotte. Stéphanie Alran et Julien Pulvé n’en finissent pas de surprendre leur monde et peuvent encore espérer coiffer les frères Daval sur le fil et, qui sait ? Peut-être ravir une ou deux places au général à l’équipage de l’Express Sapmer et à Grassi
Bateaux, handicapé par une avarie de spinnaker.
Le vent de nord-ouest qui continue de souffler sur zone devrait en tout état de cause, permettre à toute la flotte de rallier les Sables d’Olonne dès cette nuit. Seuls manqueront à l’appel Wanted Partner et Hip Eco Blue, en escale à La Corogne. Pour eux, la date limite est fixée à vendredi midi, heure de fermeture de la ligne.
Ils ont dit :
Vincent Barnaud (Bureau Veritas)
« Avec cette bagarre, on a eu une formation au Class40 en accéléré. On ne sait pas encore ce qui est
raisonnable ou ce qui ne l’est pas. On trouve que le bateau encaisse bien. Mais au moment de renvoyer de
la toile quand le vent est déjà fort, on se pose forcément des questions… On sent que sur ces bateaux, il y a
beaucoup plus de force dans les écoutes.»
Stéphane Le Diraison (Bureau Veritas)
« J’avais poussé pour hisser le grand spi, Vincent était plus mesuré. Du coup, j’ai décidé de barrer en me
disant que si on partait au tas, j’en aurais assumé seul la responsabilité. On savait qu’on jouait fort, mais
avec le démon de la régate, on ne pouvait pas laisser un concurrent partir. Une victoire, ça met en
confiance. On est maintenant convaincu que l’on peut aller vite. Ça met aussi de la pression dans la
perspective de la prochaine Transat Jacques Vabre. »
Jean-Edouard Criquioche (Groupe Picoty)
« Mon vrai business, c’est le cinéma, il faut toujours des scénarios pour divertir les gens. Donc les arrivées
serrées, c’est une déformation professionnelle. On pensait avoir suffisamment d’avance pour être
tranquille. Mais quand on les a vus dans notre tableau arrière, on a commencé à faire des choses qui ne sont
pas dans le mode d’emploi. Toute la garde-robe y est passée. Si on fait une transat à ce rythme, on explose
le bateau avant d’arriver de l’autre côté. En tous les cas, on a pris un pied énorme à pousser nos engins,
c’est magique. »
Jacques Fournier (Groupe Picoty)
« C’est notre première victoire. Ça va donner à tous les jeunes l’espoir d’y arriver un jour (rires). Bien sûr
que ça fait plaisir, parce que il a fallu aller la chercher celle-là. L’intensité des dernières vingt-quatre
heures était vraiment énorme. Maintenant, cette victoire on la doit aussi à nos trajectoires et là-dessus, je
dois rendre hommage à Jean-Edouard qui développe de très bonnes analyses en optimisant tous les outils de
navigation à disposition. »
Yannick Bestaven (Aquarelle.com)
« Ce sont des secondes qui sont longues, mais c’est comme ça. Ça prouve qu’il y a du niveau, que tout le
monde fait avancer le bateau au mieux. Mon seul regret, c’est que nous avons navigué sur la retenue sur
cette étape-là, du fait qu’on a eu pas mal de petits problèmes à résoudre, mais c’est plutôt de bon augure
pour la suite. On découvre le bateau. C’est une déception parce que on s’est battu, Christophe avec son
problème de dos s’est accroché, mais au final, on est content… »
leur nom en haut du palmarès de cette édition 2011. Stéphane Le Diraison et Vincent Barnaud ont donc eu raison d’être déraisonnables. Engagés dans une bagarre au couteau pour la première place, Groupe Picoty et Bureau Veritas ont placé très haut le curseur des limites de performance de leur Class40. Et c’est sûrement ces deux cents derniers milles, menés sur un train d’enfer, qui ont finalement décidé de la victoire finale de Stéphane Le Diraison et Vincent Barnaud sur Yannick Bestaven et Christophe Bouvet à bord d’Aquarelle.com. Difficile de savoir qui était le plus content des deux équipages ayant franchi la ligne d’arrivée, devant la Nouch Sud, ce midi aux Sables d’Olonne. A bord de Groupe Picoty, Jacques Fournier et Jean-Edouard Criquioche se félicitaient de leur première victoire dans une course majeure de la Class40. Dans leur sillage, Stéphane Le Diraison et Vincent Barnaud étaient ravis de cette leçon de conduite d’un Class40 en accéléré. Et découvraient par la même occasion que la victoire finale n’était pas une hypothèse farfelue. Car, entre les deux prétendants à la victoire dans cette deuxième étape, tout s’est joué à coups de surenchères. C’est en constatant que Groupe Picoty leur prenait chaque jour quelques milles que Stéphane Le Diraison et
Vincent Barnaud ont décidé de pousser les limites de leur Bureau Veritas dans les deux cents derniers milles de l’étape. Résultat de l’opération : une inversion du rapport de force et la jouissance pour les petits nouveaux de la classe de voir qu’ils revenaient progressivement sur les habitués des premiers rangs. Les derniers milles tenaient alors de la meilleure des dramaturgies. Voyant poindre le feu de route de Veritas dans leur tableau arrière, les deux leaders commençaient à torcher de la toile. Mais les deux anciens Ministes répondaient coup pour coup et les deux équipages finissaient leur parcours le long de la côte vendéenne, lancés parfois à plus de vingt noeuds, sous grand spi et grand-voile haute. Au final, Groupe
Picoty s’impose de moins de quinze minutes.
La main passe
On aurait pu croire que Yannick Bestaven et Christophe Bouvet avaient, en quelque sorte, tué la course en l’emportant avec près de cinq heures d’avance sur leurs poursuivants immédiats. C’était sans compter que la mer est un tapis de jeu sans pareil, dès lors qu’il s’agit de redistribuer les cartes. Engagés sur une route légèrement plus sud, légèrement moins favorable, en angle d’attaque par rapport au vent, que leurs adversaires directs, Aquarelle.com faisait de la résistance. Les deux leaders du classement général pouvaient se croire à l’abri jusqu’à cette chute au cours de laquelle Christophe Bouvet se bloquait le dos. Condamné à naviguer plus ou moins en monde solitaire, Yannick Bestaven ne pouvait, dès lors, pousser son bateau à ses limites. Dans la nuit de lundi à mardi, c’est un filet de pêche dérivant qui se prenait dans l’arbre d’hélice faisant perdre encore de précieuses minutes. Alors que Bureau Veritas passait la ligne d’arrivée, Aquarelle.com pointait encore à 55 milles des Sables d’Olonne. Rien n’était joué, mais il fallait tenir une moyenne de douze noeuds pour espérer. Pari presque tenu, pour le final que l’on connaît maintenant. Fair-play, Yannick Bestaven ne cherchait pas d’excuse, acceptant la victoire de leurs adversaires, au delà de la déception légitime que les deux marins pouvaient ressentir. D’autres n’ont pas eu ces états d’âme : à bord de Mare.de2 , Jorg Riechers et Etienne David ont enchaîné des moyennes totalement incongrues, remontant ainsi à la quatrième place de l’étape un peu d’une heure plus tard. Malgré leur mauvais choix stratégique de départ, les deux navigateurs ont ainsi démontré qu’ils avaient
les moyens de prétendre à la victoire. Derrière le quatuor de tête, c’est aussi la foire d’empoigne. Cinquième, Techneau restait sous la menace de Velevent, crédité cet après-midi de la meilleure moyenne de toute la flotte. Stéphanie Alran et Julien Pulvé n’en finissent pas de surprendre leur monde et peuvent encore espérer coiffer les frères Daval sur le fil et, qui sait ? Peut-être ravir une ou deux places au général à l’équipage de l’Express Sapmer et à Grassi
Bateaux, handicapé par une avarie de spinnaker.
Le vent de nord-ouest qui continue de souffler sur zone devrait en tout état de cause, permettre à toute la flotte de rallier les Sables d’Olonne dès cette nuit. Seuls manqueront à l’appel Wanted Partner et Hip Eco Blue, en escale à La Corogne. Pour eux, la date limite est fixée à vendredi midi, heure de fermeture de la ligne.
Ils ont dit :
Vincent Barnaud (Bureau Veritas)
« Avec cette bagarre, on a eu une formation au Class40 en accéléré. On ne sait pas encore ce qui est
raisonnable ou ce qui ne l’est pas. On trouve que le bateau encaisse bien. Mais au moment de renvoyer de
la toile quand le vent est déjà fort, on se pose forcément des questions… On sent que sur ces bateaux, il y a
beaucoup plus de force dans les écoutes.»
Stéphane Le Diraison (Bureau Veritas)
« J’avais poussé pour hisser le grand spi, Vincent était plus mesuré. Du coup, j’ai décidé de barrer en me
disant que si on partait au tas, j’en aurais assumé seul la responsabilité. On savait qu’on jouait fort, mais
avec le démon de la régate, on ne pouvait pas laisser un concurrent partir. Une victoire, ça met en
confiance. On est maintenant convaincu que l’on peut aller vite. Ça met aussi de la pression dans la
perspective de la prochaine Transat Jacques Vabre. »
Jean-Edouard Criquioche (Groupe Picoty)
« Mon vrai business, c’est le cinéma, il faut toujours des scénarios pour divertir les gens. Donc les arrivées
serrées, c’est une déformation professionnelle. On pensait avoir suffisamment d’avance pour être
tranquille. Mais quand on les a vus dans notre tableau arrière, on a commencé à faire des choses qui ne sont
pas dans le mode d’emploi. Toute la garde-robe y est passée. Si on fait une transat à ce rythme, on explose
le bateau avant d’arriver de l’autre côté. En tous les cas, on a pris un pied énorme à pousser nos engins,
c’est magique. »
Jacques Fournier (Groupe Picoty)
« C’est notre première victoire. Ça va donner à tous les jeunes l’espoir d’y arriver un jour (rires). Bien sûr
que ça fait plaisir, parce que il a fallu aller la chercher celle-là. L’intensité des dernières vingt-quatre
heures était vraiment énorme. Maintenant, cette victoire on la doit aussi à nos trajectoires et là-dessus, je
dois rendre hommage à Jean-Edouard qui développe de très bonnes analyses en optimisant tous les outils de
navigation à disposition. »
Yannick Bestaven (Aquarelle.com)
« Ce sont des secondes qui sont longues, mais c’est comme ça. Ça prouve qu’il y a du niveau, que tout le
monde fait avancer le bateau au mieux. Mon seul regret, c’est que nous avons navigué sur la retenue sur
cette étape-là, du fait qu’on a eu pas mal de petits problèmes à résoudre, mais c’est plutôt de bon augure
pour la suite. On découvre le bateau. C’est une déception parce que on s’est battu, Christophe avec son
problème de dos s’est accroché, mais au final, on est content… »
Andrew Dawson et Jon Mac Coll sur Spliff, ferment la marche
De Matetmat.com jusqu’à Spliff, lanterne rouge de la première étape, certains ont de bonnes raisons d’être satisfaits de leur parcours, d’autres sont forcément plus mitigés. Autour du club naval de Horta et de la capitainerie, les navigateurs prennent le temps de boire un verre et de dérouler, une fois de plus, le fil des évènements de cette première semaine de course.
Il y a tout d’abord les indestructibles tels le Britannique Andrew Dawson qui, armé de son grand sourire, lançait en réponse à la question d’accueil : « How are you ? » cette réponse définitive : « Late (en retard) ». Il y a ceux qui se disent qu’il serait difficile de demander plus tant ils sont heureux de leur première étape et ceux qui tentent d’évacuer les regrets pour se lancer débarrassés des doutes générés par une étape pas vraiment conforme à leurs ambitions.
Quatre pour un podium
Du côté des deux premiers, pas beaucoup de regrets à avoir. Yannick Bestaven et Christophe Bouvet (Aquarelle.com), tout comme Stéphane Le Diraison et Vincent Barnaud (Bureau Veritas), sont encore en phase de découverte du potentiel de leur bateau. Truster les deux premières marches du podium ne peut qu’être satisfaisant. Du côté des vainqueurs, une course bien maîtrisée, une trajectoire propre due à une bonne analyse de la situation météorologique. L’important vécu en course de Yannick et Christophe leur a permis de s’adapter très rapidement à ce nouveau support. Pour Vincent et Stéphane, c’est avant tout la satisfaction d’avoir su tirer le meilleur parti de leur bateau, malgré un choix de route hasardeux au départ d’une part, et de l’autre, d’avoir su résister à la tentation d’un recadrage trop hâtif en assumant ce choix initial et en essayant de le bonifier au fur et à mesure des opportunités. Le choix de contourner Pico par le sud fut un des éléments déterminants de cette réussite. Les deux prétendants à la troisième place ont, quant à eux, été bousculés dans leurs certitudes. Groupe Picoty, comme Mare.de2 sont aux mains d’habitués du Class40, mais ils ont été bousculés par deux équipages nouveaux venus sur le circuit. Jacques Fournier et Jean-Edouard Criquioche reconnaissent avoir flirté avec la zone rouge en terme de sommeil et avoir sûrement manqué de lucidité dans les dernières heures de course. Jörg Riechers et Etienne David ont frôlé la correctionnelle en s’engageant dans le canal entre Pico et Sao George, dont on sait combien il peut être piégeant. Il fallait, pour se tirer de ce mauvais pas, tout le flegme helvétique d’un Etienne David comparant sa navigation dans la pétole à certaines nocturnes étoilées sur le lac Léman entre lumières d’Evian et de Lausanne.
Chacun son challenge
Derrière, ils sont nombreux à évoquer leur plaisir d’avoir rempli leurs objectifs. C’est l’équipage de Matetmat.com, Mathis Prochasson et Matthieu Galland, qui pour sa première course sur l’ancien prototype d’Yvan Noblet, se satisfait grandement d’une sixième place acquise de haute lutte sur un bateau dont on sait que le près n’est pas son allure favorite. De même Stéphanie Alran et Caroline Olagne-Vieille (Velevent), sur le plus vieux bateau de la course étaient très fières d’avoir laissé deux équipages derrière elles, grâce notamment à un recentrage dans le nord-ouest particulièrement bien vu en fin de parcours. Andrea Fantini et Salvatore Merolla (Hip Eco Blue) étaient venus pour prendre en main leur machine et terminer sur un bateau en bon état. A mi-course, le contrat est rempli. Pour d’autres, le bilan est un peu plus mitigé : Arnaud Daval et Gilles Dutoit (Techneau) espéraient sûrement mieux. Mais leur Pogo40 de première génération est maintenant trop pénalisé aux allures de près pour espérer rivaliser. Olivier Grassi et Jean-Baptiste Glin (Grassi Bateaux) rageaient encore d’avoir laissé l’équipage de Matetmat.com échapper au contrôle qu’ils exerçaient depuis la sortie du golfe de Gascogne. Pour Lionel Régnier et Pierre-Yves Cavan (Wanted Partner), difficile de trouver du plaisir dans cette première étape. Aux prises avec quelques soucis de jeunesse de leur nouvelle monture, ils doivent de surcroit affronter une réalité qui se fait de plus en plus jour : sans partenaire miracle de dernière minute, leur rêve de faire le tour du monde en double s’arrêtera. Partagés entre les problèmes techniques de neuvage à résoudre, la tentation de ménager un bateau pour qu’il reste concurrentiel à la revente et ce sentiment diffus que chaque mille parcouru risque de les rapprocher d‘une échéance sans cesse repoussée, il est difficile pour les deux navigateurs de trouver les ressorts nécessaires pour être à la lutte pour les places d’honneur. Le plaisir reste un des moteurs essentiels de la performance.
Ils ont dit :
Matthieu Galland (Matetmat.com)
« On voulait être devant les bateaux de notre génération. On a laissé quelques bateaux plus récents derrière nous, donc on a un petit peu dépassé nos objectifs. On était un peu inquiet car on nous avait dit que ce bateau avait beaucoup de qualités, mais que son point faible était le près. Quand on a vu sur les logiciels de routage qu'il allait y avoir 80% de près. L'adaptation se fait vite, car ces bateaux-là ressemblent beaucoup en terme de comportement aux Minis. Après ce sont des bateaux plus physiques... Pour la deuxième étape, l'objectif, c'est de trouver du portant.".»
Caroline Olagne-Vieille (Velevent)
« On a eu un peu de difficulté à se remettre dans le rythme avec Stéphanie. On n’avait pas navigué ensemble depuis la Normandy Channel Race. Et le près n’est pas forcément notre allure préférée. Mais on est entrée progressivement dans la course et petit à petit, on a pu voir qu’on accrochait quelques bateaux. Ensuite, je crois qu’on a bien tricoté sur l’arrivée. Ça nous permet de laisser deux «équipages derrière nous. Mission accomplie donc. »
Classement provisoire de la première étape (en heures TU)
1 Aquarelle.com (Y Bestaven – C Bouvet) arrivé le 10 juillet à 3h 17mn 30s
2 Bureau Véritas (S Le Diraison – V Barnaud) arrivé le 10 juillet à 8h 05mn 35s
3 Groupe Picoty (J Fournier – JE Criquioche) arrivé le 10 juillet à 10h 36mn 34s
4 Mare.de2 (J Riechers – E David) arrivé le 10 juillet à 10h 36mn 35s
5 L’Express Sapmer (D Lazat – R Aubrun) arrivé le 10 juillet à 14h 28mn 12s
6 Matetmat.com (M Galland – M Prochasson) arrivé le 10 juillet à 20h 50mn 40s
7 Grassi Bateaux (O Grassi – JB Glin) arrivé le 10 juillet à 22h 42mn 01s
8 Techneau (A Daval – G Dutoit) arrivé le 11 juillet à 00h 49mn 40s
9 Hip Eco Blue (A Fantini – S Merolla) arrivé le 11 juillet à 04h 44mn 58s
10 Velevent (S Alran – C Olagne-Vieille) arrivé le 11 juillet à 05h 31mn 20s
11 Wanted Partner (L Régnier – PY Cavan) arrivé le 11 juillet à 10h 31mn 52s
12 Spliff (A Dawson – J Mac Coll) arrivé le 11 juillet à 10h 55mn 55s
DNF : Tales
DNF : Exedra
Il y a tout d’abord les indestructibles tels le Britannique Andrew Dawson qui, armé de son grand sourire, lançait en réponse à la question d’accueil : « How are you ? » cette réponse définitive : « Late (en retard) ». Il y a ceux qui se disent qu’il serait difficile de demander plus tant ils sont heureux de leur première étape et ceux qui tentent d’évacuer les regrets pour se lancer débarrassés des doutes générés par une étape pas vraiment conforme à leurs ambitions.
Quatre pour un podium
Du côté des deux premiers, pas beaucoup de regrets à avoir. Yannick Bestaven et Christophe Bouvet (Aquarelle.com), tout comme Stéphane Le Diraison et Vincent Barnaud (Bureau Veritas), sont encore en phase de découverte du potentiel de leur bateau. Truster les deux premières marches du podium ne peut qu’être satisfaisant. Du côté des vainqueurs, une course bien maîtrisée, une trajectoire propre due à une bonne analyse de la situation météorologique. L’important vécu en course de Yannick et Christophe leur a permis de s’adapter très rapidement à ce nouveau support. Pour Vincent et Stéphane, c’est avant tout la satisfaction d’avoir su tirer le meilleur parti de leur bateau, malgré un choix de route hasardeux au départ d’une part, et de l’autre, d’avoir su résister à la tentation d’un recadrage trop hâtif en assumant ce choix initial et en essayant de le bonifier au fur et à mesure des opportunités. Le choix de contourner Pico par le sud fut un des éléments déterminants de cette réussite. Les deux prétendants à la troisième place ont, quant à eux, été bousculés dans leurs certitudes. Groupe Picoty, comme Mare.de2 sont aux mains d’habitués du Class40, mais ils ont été bousculés par deux équipages nouveaux venus sur le circuit. Jacques Fournier et Jean-Edouard Criquioche reconnaissent avoir flirté avec la zone rouge en terme de sommeil et avoir sûrement manqué de lucidité dans les dernières heures de course. Jörg Riechers et Etienne David ont frôlé la correctionnelle en s’engageant dans le canal entre Pico et Sao George, dont on sait combien il peut être piégeant. Il fallait, pour se tirer de ce mauvais pas, tout le flegme helvétique d’un Etienne David comparant sa navigation dans la pétole à certaines nocturnes étoilées sur le lac Léman entre lumières d’Evian et de Lausanne.
Chacun son challenge
Derrière, ils sont nombreux à évoquer leur plaisir d’avoir rempli leurs objectifs. C’est l’équipage de Matetmat.com, Mathis Prochasson et Matthieu Galland, qui pour sa première course sur l’ancien prototype d’Yvan Noblet, se satisfait grandement d’une sixième place acquise de haute lutte sur un bateau dont on sait que le près n’est pas son allure favorite. De même Stéphanie Alran et Caroline Olagne-Vieille (Velevent), sur le plus vieux bateau de la course étaient très fières d’avoir laissé deux équipages derrière elles, grâce notamment à un recentrage dans le nord-ouest particulièrement bien vu en fin de parcours. Andrea Fantini et Salvatore Merolla (Hip Eco Blue) étaient venus pour prendre en main leur machine et terminer sur un bateau en bon état. A mi-course, le contrat est rempli. Pour d’autres, le bilan est un peu plus mitigé : Arnaud Daval et Gilles Dutoit (Techneau) espéraient sûrement mieux. Mais leur Pogo40 de première génération est maintenant trop pénalisé aux allures de près pour espérer rivaliser. Olivier Grassi et Jean-Baptiste Glin (Grassi Bateaux) rageaient encore d’avoir laissé l’équipage de Matetmat.com échapper au contrôle qu’ils exerçaient depuis la sortie du golfe de Gascogne. Pour Lionel Régnier et Pierre-Yves Cavan (Wanted Partner), difficile de trouver du plaisir dans cette première étape. Aux prises avec quelques soucis de jeunesse de leur nouvelle monture, ils doivent de surcroit affronter une réalité qui se fait de plus en plus jour : sans partenaire miracle de dernière minute, leur rêve de faire le tour du monde en double s’arrêtera. Partagés entre les problèmes techniques de neuvage à résoudre, la tentation de ménager un bateau pour qu’il reste concurrentiel à la revente et ce sentiment diffus que chaque mille parcouru risque de les rapprocher d‘une échéance sans cesse repoussée, il est difficile pour les deux navigateurs de trouver les ressorts nécessaires pour être à la lutte pour les places d’honneur. Le plaisir reste un des moteurs essentiels de la performance.
Ils ont dit :
Matthieu Galland (Matetmat.com)
« On voulait être devant les bateaux de notre génération. On a laissé quelques bateaux plus récents derrière nous, donc on a un petit peu dépassé nos objectifs. On était un peu inquiet car on nous avait dit que ce bateau avait beaucoup de qualités, mais que son point faible était le près. Quand on a vu sur les logiciels de routage qu'il allait y avoir 80% de près. L'adaptation se fait vite, car ces bateaux-là ressemblent beaucoup en terme de comportement aux Minis. Après ce sont des bateaux plus physiques... Pour la deuxième étape, l'objectif, c'est de trouver du portant.".»
Caroline Olagne-Vieille (Velevent)
« On a eu un peu de difficulté à se remettre dans le rythme avec Stéphanie. On n’avait pas navigué ensemble depuis la Normandy Channel Race. Et le près n’est pas forcément notre allure préférée. Mais on est entrée progressivement dans la course et petit à petit, on a pu voir qu’on accrochait quelques bateaux. Ensuite, je crois qu’on a bien tricoté sur l’arrivée. Ça nous permet de laisser deux «équipages derrière nous. Mission accomplie donc. »
Classement provisoire de la première étape (en heures TU)
1 Aquarelle.com (Y Bestaven – C Bouvet) arrivé le 10 juillet à 3h 17mn 30s
2 Bureau Véritas (S Le Diraison – V Barnaud) arrivé le 10 juillet à 8h 05mn 35s
3 Groupe Picoty (J Fournier – JE Criquioche) arrivé le 10 juillet à 10h 36mn 34s
4 Mare.de2 (J Riechers – E David) arrivé le 10 juillet à 10h 36mn 35s
5 L’Express Sapmer (D Lazat – R Aubrun) arrivé le 10 juillet à 14h 28mn 12s
6 Matetmat.com (M Galland – M Prochasson) arrivé le 10 juillet à 20h 50mn 40s
7 Grassi Bateaux (O Grassi – JB Glin) arrivé le 10 juillet à 22h 42mn 01s
8 Techneau (A Daval – G Dutoit) arrivé le 11 juillet à 00h 49mn 40s
9 Hip Eco Blue (A Fantini – S Merolla) arrivé le 11 juillet à 04h 44mn 58s
10 Velevent (S Alran – C Olagne-Vieille) arrivé le 11 juillet à 05h 31mn 20s
11 Wanted Partner (L Régnier – PY Cavan) arrivé le 11 juillet à 10h 31mn 52s
12 Spliff (A Dawson – J Mac Coll) arrivé le 11 juillet à 10h 55mn 55s
DNF : Tales
DNF : Exedra
Le front est passé. Toute la flotte des Class40 encore en course, fait, peu ou prou, route directe vers l'île de Faial, destination finale de la première étape. Ce n'est plus l'heure des options tactiques, il s'agit maintenant de tirer le maximum de bénéfice de ses choix. Comme à la table de roulette, il faut maintenant attendre que la roue cesse de tourner.
Exedra rentre sur Lorient
Aquarelle.com profite doublement de sa position au nord de la flotte et de l'abandon de Tales pour prendre la tête de course suivi comme son ombre par Mare.de2, mais Groupe Picoty et dans une moindre mesure, Bureau Veritas peuvent toujours prétendre à la victoire finale.
Actuellement les conditions sur zone sont plutôt favorables aux hommes du nord qui ,petit à petit, prennent un léger ascendant sur leurs adversaires. Mais à l'approche de l'archipel des Açores, bien des rebondissments sont encore possible. Que le vent vienne à mollir et adonner, ce sont alors les candidats les plus sous le vent qui pourraient se trouver dans une position plus favorable. Maintenant que les dés sont jetés, chacun s'applique avant tout à faire marcher le bateau et s'évite de gamberger sur la pertinence de choix effectués deux jours plus tôt. les regrets n'ont jamais fait avancer plus vite la machine.
Pour les équipage de Tales et d'Exedra, l'abandon tombe au plus mauvais moment. A l'heure où la flotte a fini de manger son pain noir et va commencer de retrouver les plaisirs de la glisse, les deux tandems n'ont pas d'autre choix que le retour à terre. Pour eux aussi, les jeux sont fait et rien ne va vraiment plus.
Exedra rentre sur Lorient
Aquarelle.com profite doublement de sa position au nord de la flotte et de l'abandon de Tales pour prendre la tête de course suivi comme son ombre par Mare.de2, mais Groupe Picoty et dans une moindre mesure, Bureau Veritas peuvent toujours prétendre à la victoire finale.
Actuellement les conditions sur zone sont plutôt favorables aux hommes du nord qui ,petit à petit, prennent un léger ascendant sur leurs adversaires. Mais à l'approche de l'archipel des Açores, bien des rebondissments sont encore possible. Que le vent vienne à mollir et adonner, ce sont alors les candidats les plus sous le vent qui pourraient se trouver dans une position plus favorable. Maintenant que les dés sont jetés, chacun s'applique avant tout à faire marcher le bateau et s'évite de gamberger sur la pertinence de choix effectués deux jours plus tôt. les regrets n'ont jamais fait avancer plus vite la machine.
Pour les équipage de Tales et d'Exedra, l'abandon tombe au plus mauvais moment. A l'heure où la flotte a fini de manger son pain noir et va commencer de retrouver les plaisirs de la glisse, les deux tandems n'ont pas d'autre choix que le retour à terre. Pour eux aussi, les jeux sont fait et rien ne va vraiment plus.
Difficile de rêver mieux pour démarrer cette première étape. Pour leur baptême du golfe, les duos des Sables – Horta ont rencontré des conditions idylliques. Vent portant modéré, mer belle, ciel étoilée, sans compter les inévitables dauphins qui ont joué les compagnons de route de nombre de concurrents. L'heure des choix pourrait ramener les équipages à la réalité : une course se perd parfois dans les premières heures. Il va falloir plancher sérieusement la météo pour éviter de garnir les rangs du fond de la classe.
©Christophe Breschi / ricochets17
Il existe parfois des moments comme bénis des dieux. Depuis le départ des Sables d’Olonne, la flotte des quatorze tandems engagés aurait beau jeu de se plaindre. Un parcours côtier dans des conditions presqu’idéales, avec juste le vent nécessaire pour exprimer son sens tactique, une première nuit de rêve où les carènes planantes des Class40 ont trouvé de quoi s’ébrouer l’étrave sans pour autant sacrifier au confort des équipages. Il a bien fallu procéder à quelques changements de voile, engager les premiers empannages, veiller au réglage du spinnaker, mais la teneur des messages de la nuit l’exprime bien : ce fut une entrée en matière idéale. C’est à peine, si quelques équipages ont dû procéder à des bricolages qui relèvent plus de la mise au point tardive que de la casse matérielle.
Options marquées d’entrée
Un des effets secondaires d’un départ en soirée est que dès la première nuit, des options marquées ont pu être prises. Grosso modo, la flotte se divise en trois groupes : au nord, un groupe contenant plusieurs des favoris cherche à gagner dans l’ouest au plus vite pour se trouver rapidement sous l’influence de la dépression annoncée sur le proche atlantique. Au sud, un groupe emmené par Groupe Picoty et Bureau Veritas profite pour l’heure d’un gradient de pression plus favorable pour creuser l’écart sur le reste de la flotte. Au centre, un petit groupe de bateau pratique l’art de la procrastination en se disant qu’il sera toujours temps de choisir son camp.
Toute la question va être de savoir l’évolution des systèmes météorologiques pour les jours à venir. Actuellement sous l’influence d’un régime de vents anticycloniques de secteur est dominant, tous les équipages vont devoir négocier une zone de transition dans la nuit de dimanche à lundi, voire lundi matin. Pendant quelques heures, ils seront confrontés à des vents erratiques, variables faibles. Les hommes du nord parient sur le fait qu’ils toucheront le nouveau vent les premiers. Ceux du sud tablent sur l’arrivée plus rapide que prévue initialement du système perturbé et sur une zone de transition plus étroite que prévue à subir. Sans compter que, tout au moins dans un premier temps, ils bénéficieront quand le vent s’orientera au sud-ouest d’un angle de progression plus favorable que leurs concurrents du nord.
Impact psychologique
Au final, c’est avant tout une question de tempérament. Anticiper une bascule à venir, quitte à perdre du terrain nécessite une solidité mentale à toute épreuve. Rester dans un régime de vent dont on sait qu’il va disparaître, c’est aussi faire preuve du bon sens qui décrète que ce qui est pris n’est plus à prendre. Pour l’heure, les hommes du sud progressent avec un angle plus favorable à des vitesses plus élevées de deux à trois nœuds. Ce qui, au bout du compte, peut commencer à créer des écarts non négligeables. Le pointage de vingt heures devrait révéler quelques indications sur l’analyse de la situation par les navigateurs. Que les routes continuent de diverger, cela signifiera que le duel n’est pas encore vraiment commencé et que c’est après l’entrée dans le nouveau système que l’on pourra juger. Que des concurrents commencent à se rallier à la cause d’un groupe ne signifiera pas forcément qu’ils ont eu définitivement raison. Mais ce sera l’occasion pour ceux qui ont eu l’audace de trancher en premier de se conforter psychologiquement et de garnir leur escarcelle de quelques milles d’avance. Sans équivoque, la récréation de la première nuit de mer est terminée.
Options marquées d’entrée
Un des effets secondaires d’un départ en soirée est que dès la première nuit, des options marquées ont pu être prises. Grosso modo, la flotte se divise en trois groupes : au nord, un groupe contenant plusieurs des favoris cherche à gagner dans l’ouest au plus vite pour se trouver rapidement sous l’influence de la dépression annoncée sur le proche atlantique. Au sud, un groupe emmené par Groupe Picoty et Bureau Veritas profite pour l’heure d’un gradient de pression plus favorable pour creuser l’écart sur le reste de la flotte. Au centre, un petit groupe de bateau pratique l’art de la procrastination en se disant qu’il sera toujours temps de choisir son camp.
Toute la question va être de savoir l’évolution des systèmes météorologiques pour les jours à venir. Actuellement sous l’influence d’un régime de vents anticycloniques de secteur est dominant, tous les équipages vont devoir négocier une zone de transition dans la nuit de dimanche à lundi, voire lundi matin. Pendant quelques heures, ils seront confrontés à des vents erratiques, variables faibles. Les hommes du nord parient sur le fait qu’ils toucheront le nouveau vent les premiers. Ceux du sud tablent sur l’arrivée plus rapide que prévue initialement du système perturbé et sur une zone de transition plus étroite que prévue à subir. Sans compter que, tout au moins dans un premier temps, ils bénéficieront quand le vent s’orientera au sud-ouest d’un angle de progression plus favorable que leurs concurrents du nord.
Impact psychologique
Au final, c’est avant tout une question de tempérament. Anticiper une bascule à venir, quitte à perdre du terrain nécessite une solidité mentale à toute épreuve. Rester dans un régime de vent dont on sait qu’il va disparaître, c’est aussi faire preuve du bon sens qui décrète que ce qui est pris n’est plus à prendre. Pour l’heure, les hommes du sud progressent avec un angle plus favorable à des vitesses plus élevées de deux à trois nœuds. Ce qui, au bout du compte, peut commencer à créer des écarts non négligeables. Le pointage de vingt heures devrait révéler quelques indications sur l’analyse de la situation par les navigateurs. Que les routes continuent de diverger, cela signifiera que le duel n’est pas encore vraiment commencé et que c’est après l’entrée dans le nouveau système que l’on pourra juger. Que des concurrents commencent à se rallier à la cause d’un groupe ne signifiera pas forcément qu’ils ont eu définitivement raison. Mais ce sera l’occasion pour ceux qui ont eu l’audace de trancher en premier de se conforter psychologiquement et de garnir leur escarcelle de quelques milles d’avance. Sans équivoque, la récréation de la première nuit de mer est terminée.
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Jacques Fournier et Jean-Christophe Caso... par francebleu-nordnormandie
Info voile
Départ du Vendée Globe le 10 novembre 2012
|
Transat Jacques Vabre: départ le 3 novembre à 13h02
|
Contact: lavoileenvendeeinfo@gmx.fr






























